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Fiche pratique

Licenciement : protection du représentant du personnel

Vérifié le 16/02/2022 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

Le salarié ayant des fonctions représentatives dans l'entreprise bénéficie d'une protection spéciale contre le licenciement. En plus de la procédure de licenciement habituelle, le licenciement est soumis à l'autorisation préalable de l'inspecteur du travail. Cette protection s'applique pendant des durées qui sont variables en fonction des mandats.

Le statut de salarié protégé permet de s'assurer que le licenciement du salarié n'a pas de lien avec ses fonctions de représentant du personnel.

Cette protection vise également à le protéger d'éventuelles représailles de l'employeur.

La protection est applicable au salarié qui occupe au moins une des fonctions suivantes :

  • Membre Ă©lu Ă  la dĂ©lĂ©gation du comitĂ© social et Ă©conomique et social (CSE)
  • DĂ©lĂ©guĂ© syndical (DS)
  • SalariĂ© mandatĂ© par une organisation syndicale reprĂ©sentative
  • ReprĂ©sentant de la section syndicale (RSS)
  • SalariĂ© ayant demandĂ© l'organisation l'Ă©lection des reprĂ©sentants du personnel dans l'entreprise
  • SalariĂ© prouvant que l'employeur connaissait l'imminence de sa candidature ou de sa dĂ©signation en tant que reprĂ©sentant du personnel avant d'ĂȘtre convoquĂ© Ă  un entretien prĂ©alable au licenciement
  • ReprĂ©sentant des salariĂ©s dĂ©signĂ© dans le cadre d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire

  À savoir

la protection s'applique au titulaire comme au suppléant.

La durée de la protection contre le licenciement varie en fonction du statut de chaque représentant du personnel.

    • Le salariĂ© candidat bĂ©nĂ©ficie d'une protection de 6 mois.

    • La protection est applicable pendant toute la durĂ©e du mandat du salariĂ©.

    • À la fin du mandat, le salariĂ© bĂ©nĂ©ficie d'une protection contre le licenciement d'une durĂ©e de 6 mois.

  • Les personnes suivantes bĂ©nĂ©ficient d'une protection contre le licenciement :

    • SalariĂ© sans mandat syndical demandant l'organisation d'Ă©lections professionnelles si la demande est ensuite reprise par une organisation syndicale
    • SalariĂ© mandatĂ© par une organisation syndicale qui demande l'organisation d'Ă©lections
    • SalariĂ© mandatĂ© par une organisation syndicale pour nĂ©gocier, sur invitation de l'employeur, le protocole d'accord préélectoral

    Cette protection ne bénéficie qu'à un seul salarié par organisation syndicale et aussi au 1er salarié, non mandaté par une organisation syndicale, qui a demandé l'organisation des élections.

    La protection a une durée de 6 mois.

    Le délai court à compter de la date à laquelle une organisation syndicale demande par courrier recommandé à l'employeur d'organiser les élections professionnelles.

    • La protection est applicable pendant toute la durĂ©e du mandat du salariĂ©.

    • À la fin du mandat, le salariĂ© bĂ©nĂ©ficie d'une protection contre le licenciement d'une durĂ©e de 12 mois (sauf s'il a exercĂ© ses fonctions pendant moins d'un an).

    • La protection est applicable pendant toute la durĂ©e du mandat du salariĂ©.

    • À la fin du mandat, le salariĂ© bĂ©nĂ©ficie d'une protection contre le licenciement d'une durĂ©e de 12 mois (sauf s'il a exercĂ© ses fonctions pendant moins d'un an).

L’employeur doit respecter la procĂ©dure de licenciement habituelle prĂ©vue pour tout salariĂ© qui prĂ©sente cependant des particularitĂ©s en fonction du motif de licenciement.

RÚgles communes aux différents motifs de rupture

L'employeur doit respecter la procédure de licenciement habituelle prévue pour tout salarié :

Convocation du salarié

L'employeur qui envisage de licencier un salarié pour motif personnel doit le convoquer à un entretien préalable.

Cette convocation est faite par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou par lettre remise en main propre contre décharge.

Cette lettre doit comporter les informations suivantes :

  • Objet de l'entretien entre le salariĂ© et l'employeur (ou toute personne appartenant Ă  l'entreprise avec dĂ©lĂ©gation de pouvoir)
  • Date, heure et lieu de l'entretien (lieu de travail ou siĂšge de l'entreprise)

Entretien préalable

Un dĂ©lai minimum de 5 jours ouvrables doit ĂȘtre respectĂ© entre la prĂ©sentation ou la remise en main propre contre dĂ©charge de la lettre de convocation et la date de l'entretien.

La 1re présentation ou le jour de la remise en main propre de la lettre au salarié et le jour de l'entretien ne comptent pas dans le délai des 5 jours ouvrables.

Si le délai se termine un samedi, un dimanche, un jour férié ou chÎmé, il est prolongé jusqu'au jour ouvrable suivant.

Pendant l'entretien, l'employeur expose les motifs de la décision envisagée et recueille les observations ou explications du salarié si nécessaire.

Consultation du comité social et économique (CSE)

La consultation du CSE sur le projet de licenciement du salarié protégé est facultative sauf si elle a été prévue par un accord collectif.

Demande d'autorisation de licenciement

L'employeur doit ensuite demander à l'inspecteur du travail l'autorisation de licencier le salarié protégé.

La demande d'autorisation de licenciement est directement transmise à l'inspecteur du travail aprÚs l'entretien préalable.

Si un accord collectif prĂ©voit une consultation du CSE, cette demande doit ĂȘtre adressĂ©e dans les 15 jours suivant la dĂ©libĂ©ration du CSE Ă  l'inspecteur du travail.

Elle lui est adressĂ©e par voie Ă©lectronique ou par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception en 2 exemplaires. Le procĂšs verbal de la rĂ©union du CSE doit ĂȘtre joint Ă  la demande.

EnquĂȘte contradictoire de l'inspecteur du travail

Avant de prendre sa dĂ©cision, l'inspecteur doit procĂ©der Ă  une enquĂȘte dite contradictoire.

Il auditionne personnellement et individuellement le salarié et l'employeur. Il recueille les arguments et explications de chacun.

Le salarié prend connaissance de l'ensemble des piÚces produites par l'employeur pour justifier le licenciement.

Au cours de l'enquĂȘte, le salariĂ© peut, sur sa demande, se faire assister d'un reprĂ©sentant de son syndicat.

L'inspecteur du travail prend sa décision dans les 2 mois qui suivent la date de réception de la demande d'autorisation de licenciement.

Passé ce délai et en l'absence de décision de l'inspecteur du travail, l'autorisation de licenciement est rejetée.

Décision de l'inspecteur du travail

La décision de l'inspecteur est argumentée et transmise aux personnes suivantes par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) :

  • Employeur
  • SalariĂ©
  • Organisation syndicale du salariĂ© (s'il est dĂ©lĂ©guĂ© ou reprĂ©sentant syndical)

La poursuite de la procédure dépend de la décision de l'inspecteur du travail :

  • L’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail du salariĂ©.

    Le salariĂ© protĂ©gĂ© doit ĂȘtre maintenu dans son activitĂ© professionnelle et son emploi aux conditions antĂ©rieures et percevoir son salaire.

  • L'employeur peut notifier le licenciement au salariĂ© par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (LRAR).

    Le licenciement doit exclusivement reposer sur le motif qui a donné lieu à l'autorisation de l'inspecteur du travail.

Étapes particuliùres à suivre pour chaque motif de licenciement

Au-delà des rÚgles communes, la procédure présente des particularités en fonction du motif de licenciement invoqué par l'employeur :

  • La procĂ©dure de licenciement pour motif personnel applicable Ă  tout salariĂ© se cumule avec la procĂ©dure spĂ©ciale de licenciement des salariĂ©s protĂ©gĂ©s.

    L'employeur doit accomplir les formalités suivantes :

    • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
    • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
    • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
  • La procĂ©dure de licenciement pour motif disciplinaire se cumule avec la procĂ©dure applicable au licenciement d'un reprĂ©sentant du personnel.

    L'employeur devra Ă©tablir dans sa demande d'autorisation, la matĂ©rialitĂ© des faits reprochĂ©s au salariĂ©, sinon le licenciement ne pourra pas ĂȘtre autorisĂ©.

    Il devra par ailleurs respecter les dispositions suivantes :

    • Aucun fait fautif ne peut donner lieu Ă  lui seul Ă  l'engagement de poursuites disciplinaires au-delĂ  d'un dĂ©lai de 2 mois Ă  compter du jour oĂč l'employeur en a eu connaissance
    • La notification de la sanction ne peut intervenir plus de 1 mois aprĂšs le jour fixĂ© pour l'entretien prĂ©alable du salariĂ©

    En cas de faute grave, l'employeur peut décider d'une mise à pied conservatoire le temps de la procédure.

    Les délais d'information de l'inspecteur du travail varient en fonction du mandat du salarié :

    • La demande d'autorisation de licenciement doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e Ă  l'inspection du travail dans un dĂ©lai de 8 jours Ă  compter de la mise Ă  pied.

       Ă€ noter

      si l'inspection du travail refuse le licenciement, la mise à pied conservatoire est annulée et ses effets (absence de travail et de salaire) supprimés.

      L'employeur doit accomplir les formalités suivantes :

      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
    • La procĂ©dure est la suivante :

      • DĂ©cision de mise Ă  pied conservatoire argumentĂ©e et transmise Ă  l'inspection du travail dans un dĂ©lai de 48 heures Ă  compter de sa prise d'effet
      • Demande d'autorisation de licenciement prĂ©sentĂ©e Ă  l'inspecteur du travail dans un dĂ©lai de 8 jours Ă  compter de la date de la mise Ă  pied.

       Ă€ noter

      si l'inspection du travail refuse le licenciement, la mise à pied conservatoire est annulée et ses effets (absence de travail et de salaire) supprimés.

      L'employeur doit accomplir les formalités suivantes :

      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
  • Le licenciement d'un reprĂ©sentant du personnel pour inaptitude oblige l'employeur Ă  respecter 2 procĂ©dures suivantes :

    • Recherche de reclassement du salariĂ© (sauf avis contraire du mĂ©decin du travail) et une consultation du CSE sur le poste de reclassement proposĂ©
    • Demande d'autorisation de licenciement du salariĂ© protĂ©gĂ© Ă  l'inspection du travail

    Recherche de reclassement et consultation du CSE

    À compter de la dĂ©claration d‘inaptitude par le mĂ©decin du travail, l'employeur doit d'abord rechercher de postes de travail (ou des amĂ©nagements de postes) permettant le reclassement du salariĂ©.

    L'employeur est dispensé de procéder à une recherche de poste de reclassement si le médecin du travail mentionne sur l'avis d'inaptitude que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé.

    Lorsque l'employeur a procédé à sa recherche de postes de reclassement, il doit ensuite consulter le CSE sur les postes qu'il envisage de proposer au salarié.

    Cette consultation est obligatoire que l'inaptitude soit d'origine professionnelle (accident de travail par exemple) ou non professionnelle (maladie par exemple).

    Proposition de reclassement par l'employeur

    L'employeur doit proposer au salarié une offre sérieuse et précise de reclassement dans un emploi compatible avec les capacités réduites du salarié et les conclusions écrites du médecin du travail.

    Cette proposition peut ĂȘtre faite oralement ou par Ă©crit.

    Procédure de licenciement

    L'employeur peut rompre le contrat de travail s'il justifie d'au moins une des 2 situations suivantes :

    • ImpossibilitĂ© de proposer un nouvel emploi au salariĂ©
    • Refus par le salariĂ© de l'emploi proposĂ©

    L'employeur doit accomplir les formalités suivantes :

    • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
    • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
    • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
    • Les formalitĂ©s Ă  respecter par l'employeur sont les suivantes :

      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Entretien avec le salariĂ© et proposition du contrat de sĂ©curisation professionnelle
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
    • La procĂ©dure spĂ©ciale de licenciement se cumule avec la procĂ©dure de licenciement pour motif Ă©conomique applicable dans cette situation.

      les formalités à respecter par l'employeur sont les suivantes :

      • Consultation du CSE sur le projet de licenciement collectif qui rend son avis dans un dĂ©lai de 1 mois
      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Entretien avec le salariĂ© et proposition du contrat de sĂ©curisation professionnelle
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
      • Information par Ă©crit de la Dreetssur le licenciement prononcĂ©
    • La procĂ©dure spĂ©ciale de licenciement se cumule avec la procĂ©dure de licenciement pour motif Ă©conomique applicable dans cette situation.

      Les formalités à respecter par l'employeur sont les suivantes :

      • Consultation du CSE sur le projet de licenciement collectif avec 2 rĂ©unions sĂ©parĂ©es par un dĂ©lai qui ne peut pas ĂȘtre supĂ©rieur Ă  14 jours
      • Information transmise par l'employeur Ă  la Dreets sur le projet de licenciement collectif. Elle est adressĂ©e au plus tĂŽt le lendemain de la 1re rĂ©union du CSE.
      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Entretien avec le salariĂ© et proposition du contrat de sĂ©curisation professionnelle
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
      • Information par Ă©crit de la Dreetssur le licenciement prononcĂ© dans les 8 jours suivant l'envoi des lettres de licenciement aux salariĂ©s concernĂ©s.

La dĂ©cision de l'inspecteur du travail visant Ă  accepter ou rejeter le licenciement peut ĂȘtre contestĂ©e par l'employeur ou le salariĂ©.

Elle doit mentionner les délais et voies de recours possibles.

Le recours peut ĂȘtre administratif ou contentieux.

Recours administratif

Le recours administratif permet Ă  l'employeur ou au salariĂ© protĂ©gĂ© de contester la dĂ©cision devant l'inspecteur du travail lui-mĂȘme (recours gracieux) ou devant le ministre du travail (recours hiĂ©rarchique).

Le recours administratif doit ĂȘtre formĂ© dans les 2 mois Ă  compter de la notification de la dĂ©cision de l'inspecteur du travail.

Le recours est considéré comme rejeté (décision implicite de rejet) dans les situations suivantes :

  • En l'absence de rĂ©ponse de l'inspecteur du travail dans les 2 mois suivant sa saisie
  • En l'absence de rĂ©ponse du ministĂšre du travail dans les 4 mois suivant sa saisie

Recours contentieux

Le recours contentieux permet à l'employeur ou au salarié de contester la décision de l'inspecteur du travail devant Le tribunal administratif.

Il peut ĂȘtre entrepris malgrĂ© l'absence de recours administratif.

Il doit ĂȘtre formĂ© dans les 2 mois qui suivent l'un des Ă©vĂ©nements suivants:

Le statut de salarié protégé permet de s'assurer que le licenciement du salarié n'a pas de lien avec ses fonctions de représentant du personnel.

Cette protection vise également à le protéger d'éventuelles représailles de l'employeur.

La protection est applicable au salarié qui occupe au moins une des fonctions suivantes :

  • Membre Ă©lu Ă  la dĂ©lĂ©gation du comitĂ© social et Ă©conomique et social (CSE)
  • DĂ©lĂ©guĂ© syndical (DS)
  • ReprĂ©sentant syndical au comitĂ© social et Ă©conomique et social (CSE)
  • SalariĂ© mandatĂ© par une organisation syndicale reprĂ©sentative
  • ReprĂ©sentant de la section syndicale (RSS)
  • SalariĂ© ayant demandĂ© l'organisation l'Ă©lection des reprĂ©sentants du personnel dans l'entreprise
  • SalariĂ© prouvant que l'employeur connaissait l'imminence de sa candidature ou de sa dĂ©signation en tant que reprĂ©sentant du personnel avant d'ĂȘtre convoquĂ© Ă  un entretien prĂ©alable au licenciement

  À savoir

la protection s'applique au titulaire comme au suppléant.

La durée de la protection contre le licenciement varie en fonction du statut de chaque représentant du personnel.

    • Le salariĂ© candidat bĂ©nĂ©ficie d'une protection de 6 mois.

    • La protection est applicable pendant toute la durĂ©e du mandat du salariĂ©.

    • À la fin du mandat, le salariĂ© bĂ©nĂ©ficie d'une protection contre le licenciement d'une durĂ©e de 6 mois.

  • Les personnes suivantes bĂ©nĂ©ficient d'une protection contre le licenciement :

    • SalariĂ© sans mandat syndical demandant l'organisation d'Ă©lections professionnelles si la demande est ensuite reprise par une organisation syndicale
    • SalariĂ© mandatĂ© par une organisation syndicale qui demande l'organisation d'Ă©lections
    • SalariĂ© mandatĂ© par une organisation syndicale pour nĂ©gocier, sur invitation de l'employeur, le protocole d'accord préélectoral

    Cette protection ne bénéficie qu'à un seul salarié par organisation syndicale et aussi au 1er salarié, non mandaté par une organisation syndicale, qui a demandé l'organisation des élections.

    La protection a une durée de 6 mois.

    Le délai court à compter de la date à laquelle une organisation syndicale demande par courrier recommandé à l'employeur d'organiser les élections professionnelles.

    • La protection est applicable pendant toute la durĂ©e du mandat du salariĂ©.

    • À la fin du mandat, le salariĂ© bĂ©nĂ©ficie d'une protection contre le licenciement d'une durĂ©e de 12 mois (sauf s'il a exercĂ© ses fonctions pendant moins d'un an).

    • La protection est applicable pendant toute la durĂ©e du mandat du salariĂ©.

    • À la fin du mandat, le salariĂ© bĂ©nĂ©ficie d'une protection contre le licenciement d'une durĂ©e de 12 mois (sauf s'il a exercĂ© ses fonctions pendant moins d'un an).

RÚgles communes aux différents motifs de rupture

L'employeur doit respecter la procédure de licenciement habituelle prévue pour tout salarié.

Convocation du salarié

L'employeur qui envisage de licencier un salarié pour motif personnel doit le convoquer à un entretien préalable.

Cette convocation est faite par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou par lettre remise en main propre contre décharge.

Cette lettre doit comporter les informations suivantes :

  • Objet de l'entretien entre le salariĂ© et l'employeur (ou toute personne appartenant Ă  l'entreprise avec dĂ©lĂ©gation de pouvoir)
  • Date, heure et lieu de l'entretien (lieu de travail ou siĂšge de l'entreprise)

Entretien préalable

Un dĂ©lai minimum de 5 jours ouvrables doit ĂȘtre respectĂ© entre la prĂ©sentation ou la remise en main propre contre dĂ©charge de la lettre de convocation et la date de l'entretien.

La 1re présentation ou le jour de la remise en main propre de la lettre au salarié et le jour de l'entretien ne comptent pas dans le délai des 5 jours ouvrables.

Si le délai se termine un samedi, un dimanche, un jour férié ou chÎmé, il est prolongé jusqu'au jour ouvrable suivant.

Pendant l'entretien, l'employeur expose les motifs de la décision envisagée et recueille les observations ou explications du salarié si nécessaire.

Consultation du comité social et économique (CSE)

  • L'employeur doit obligatoirement consulter le CSE si le projet de licenciement concerne un des reprĂ©sentants du personnel suivant :

    Le CSE est convoqué selon les rÚgles de droit commun, comme pour une réunion ordinaire. La convocation doit toutefois mentionner certaines informations :

    • Liste des diffĂ©rents mandats dĂ©tenus par le salariĂ© protĂ©gĂ© concernĂ© par le licenciement
    • Motifs de la rupture envisagĂ©e

    Avant toute décision, le CSE procÚde à l'audition du salarié protégé concerné.

    La convocation du salarié à cette audition est obligatoire sinon l'avis rendu par le CSE n'est pas valable.

    La loi ne prévoit pas de délai particulier de convocation. Le CSE doit veiller à laisser au salarié un temps suffisant pour se préparer.

    AprÚs audition du salarié, le CSE délibÚre et rend son avis par un vote à bulletin secret. L'employeur ne participe pas au vote du CSE mais le salarié concerné peut voter s'il est membre du CSE.

      À savoir

    lorsqu'une entreprise n'a plus de CSE, la demande d'autorisation de licenciement est directement transmise à l'inspecteur du travail aprÚs l'entretien préalable.

  • La consultation du CSE n'a pas lieu si le projet de licenciement concerne un des reprĂ©sentants du personnel suivant :

    • DĂ©lĂ©guĂ© syndical (DS)
    • ReprĂ©sentant de la section syndicale (RSS)

Demande d'autorisation de licenciement

L'employeur doit ensuite demander à l'inspecteur du travail l'autorisation de licencier le salarié protégé.

Cette demande lui est adressĂ©e dans les 15 jours suivant la dĂ©libĂ©ration du CSE par voie Ă©lectronique ou par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception en 2 exemplaires. Le procĂšs verbal de la rĂ©union du CSEdoit ĂȘtre joint Ă  la demande.

EnquĂȘte contradictoire de l'inspecteur du travail

Avant de prendre sa dĂ©cision, l'inspecteur doit procĂ©der Ă  une enquĂȘte dite contradictoire.

Il auditionne personnellement et individuellement le salarié et l'employeur. Il recueille les arguments et explications de chacun.

Le salarié prend connaissance de l'ensemble des piÚces produites par l'employeur pour justifier le licenciement.

Au cours de l'enquĂȘte, le salariĂ© peut, sur sa demande, se faire assister d'un reprĂ©sentant de son syndicat.

L'inspecteur du travail prend sa décision dans les 2 mois qui suivent la date de réception de la demande d'autorisation de licenciement.

Passé ce délai et en l'absence de décision de l'inspecteur du travail, l'autorisation de licenciement est rejetée.

Décision de l'inspecteur du travail

La décision de l'inspecteur est argumentée et transmise aux personnes suivantes par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) :

  • Employeur
  • SalariĂ©
  • Organisation syndicale du salariĂ© (s'il est dĂ©lĂ©guĂ© ou reprĂ©sentant syndical)

La poursuite de la procédure dépend de la décision de l'inspecteur du travail :

  • L’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail du salariĂ©.

    Le salariĂ© protĂ©gĂ© doit ĂȘtre maintenu dans son activitĂ© professionnelle et son emploi aux conditions antĂ©rieures et percevoir son salaire.

  • L'employeur peut alors poursuivre la procĂ©dure et notifier au salariĂ© sa dĂ©cision de le licencier par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (LRAR).

    Le licenciement doit exclusivement reposer sur le motif qui a donné lieu à l'autorisation de l'inspecteur du travail.

Étapes particuliùres à suivre pour chaque motif de licenciement

Au delà des rÚgles communes, la procédure présente des particularités en fonction du motif de licenciement invoqué par l'employeur :

  • La procĂ©dure de licenciement pour motif personnel applicable Ă  tout salariĂ© se cumule avec la procĂ©dure spĂ©ciale de licenciement des salariĂ©s protĂ©gĂ©s.

    L'employeur doit accomplir les formalités suivantes :

    • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
    • Consultation du CSE sur le projet de licenciement
    • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
    • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
  • La procĂ©dure de licenciement pour motif disciplinaire se cumule avec la procĂ©dure applicable au licenciement d'un reprĂ©sentant du personnel.

    L'employeur devra Ă©tablir dans sa demande d'autorisation, la matĂ©rialitĂ© des faits reprochĂ©s au salariĂ©, sinon le licenciement ne pourra pas ĂȘtre autorisĂ©.

    Il devra par ailleurs respecter les dispositions suivantes :

    • Aucun fait fautif ne peut donner lieu Ă  lui seul Ă  l'engagement de poursuites disciplinaires au-delĂ  d'un dĂ©lai de 2 mois Ă  compter du jour oĂč l'employeur en a eu connaissance
    • La notification de la sanction ne peut intervenir plus de 1 mois aprĂšs le jour fixĂ© pour l'entretien prĂ©alable du salariĂ©

    En cas de faute grave, l'employeur peut décider d'une mise à pied conservatoire le temps de la procédure.

    Les délais d'information de l'inspecteur du travail varient en fonction du mandat du salarié :

    • La procĂ©dure est la suivante :

      • Consultation du CSE dans un dĂ©lai de 10 jours Ă  compter du dĂ©but de la mise Ă  pied
      • Demande d'autorisation de licenciement prĂ©sentĂ©e Ă  l'inspection du travail dans les 48 heures suivant la dĂ©libĂ©ration du CSE

       Ă€ noter

      si l'inspection du travail refuse le licenciement, la mise à pied conservatoire est annulée et ses effets (absence de travail et de salaire) supprimés.

      L'employeur doit accomplir les formalités suivantes :

      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Consultation du CSE sur le projet de licenciement
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
    • La procĂ©dure est la suivante :

      • DĂ©cision de mise Ă  pied conservatoire argumentĂ©e et transmise Ă  l'inspection du travail dans les 48 heures suivant sa prise d'effet
      • Demande d'autorisation de licenciement prĂ©sentĂ©e Ă  l'inspecteur du travail dans un dĂ©lai de 8 jours Ă  compter de la date de la mise Ă  pied

       Ă€ noter

      si l'inspection du travail refuse le licenciement, la mise à pied conservatoire est annulée et ses effets (absence de travail et de salaire) supprimés.

      L'employeur doit accomplir les formalités suivantes :

      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
  • Le licenciement d'un reprĂ©sentant du personnel pour inaptitude oblige l'employeur Ă  respecter 2 procĂ©dures suivantes :

    • Recherche de reclassement du salariĂ© (sauf avis contraire du mĂ©decin du travail) et une consultation du CSE sur le poste de reclassement proposĂ©
    • Demande d'autorisation de licenciement du salariĂ© protĂ©gĂ© Ă  l'inspection du travail

    Recherche de reclassement et consultation du CSE

    À compter de la dĂ©claration d‘inaptitude par le mĂ©decin du travail, l'employeur doit d'abord rechercher de postes de travail (ou des amĂ©nagements de postes) permettant le reclassement du salariĂ©.

    L'employeur est dispensé de procéder à une recherche de poste de reclassement si le médecin du travail mentionne sur l'avis d'inaptitude que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé.

    Lorsque l'employeur a procédé à sa recherche de postes de reclassement, il doit ensuite consulter le CSE sur les postes qu'il envisage de proposer au salarié.

    Cette consultation est obligatoire que l'inaptitude soit d'origine professionnelle (accident de travail par exemple) ou non professionnelle (maladie par exemple).

    Proposition de reclassement par l'employeur

    L'employeur doit proposer au salarié une offre sérieuse et précise de reclassement dans un emploi compatible avec les capacités réduites du salarié et les conclusions écrites du médecin du travail.

    Cette proposition peut ĂȘtre faite oralement ou par Ă©crit.

    Procédure de licenciement

    L'employeur peut rompre le contrat de travail s'il justifie d'au moins une des 2 situations suivantes :

    • ImpossibilitĂ© de proposer un nouvel emploi au salariĂ©
    • Refus par le salariĂ© de l'emploi proposĂ©

    L'employeur doit accomplir les formalités suivantes :

    • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
    • Consultation du CSE sur le projet de licenciement
    • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
    • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
    • Les formalitĂ©s Ă  respecter par l'employeur sont les suivantes :

      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Consultation du CSE sur le projet de licenciement du reprĂ©sentant du personnel
      • Entretien avec le salariĂ© et proposition du contrat de sĂ©curisation professionnelle
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
    • La procĂ©dure spĂ©ciale de licenciement se cumule avec la procĂ©dure de licenciement pour motif Ă©conomique applicable dans cette situation.

      Les formalités à respecter par l'employeur sont les suivantes :

      • Consultation du CSE sur le projet de licenciement collectif qui rend son avis dans un dĂ©lai de 1 mois
      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Consultation du CSE sur le projet de licenciement du reprĂ©sentant du personnel
    • La procĂ©dure spĂ©ciale de licenciement se cumule avec la procĂ©dure de licenciement pour motif Ă©conomique applicable dans cette situation.

      Les formalités à respecter par l'employeur sont les suivantes :

      • Consultation du CSE sur le projet de licenciement collectif avec 2 rĂ©unions sĂ©parĂ©es par un dĂ©lai qui ne peut pas ĂȘtre supĂ©rieur Ă  14 jours
      • Information transmise par l'employeur Ă  la Dreets sur le projet de licenciement collectif. Elle est adressĂ©e au plus tĂŽt le lendemain de la 1Ăšre rĂ©union du CSE.
      • Convocation du salariĂ© Ă  un entretien prĂ©alable Ă  son Ă©ventuel licenciement
      • Entretien avec le salariĂ© et proposition du contrat de sĂ©curisation professionnelle ou du congĂ© de reclassement ou congĂ© de mobilitĂ©, selon la taille de l'entreprise
      • Demande d'autorisation de licenciement adressĂ©e Ă  l'inspecteur du travail
      • Notification du licenciement s'il est autorisĂ© par l'inspection du travail
      • Information par Ă©crit de la Dreetssur le licenciement prononcĂ© dans les 8 jours suivant l'envoi des lettres de licenciement aux salariĂ©s concernĂ©s.

La dĂ©cision de l'inspecteur du travail visant Ă  accepter ou rejeter le licenciement peut ĂȘtre contestĂ©e par l'employeur ou le salariĂ©.

Elle doit mentionner les délais et voies de recours possibles.

Le recours peut ĂȘtre administratif ou contentieux.

Recours administratif

Le recours administratif permet Ă  l'employeur ou au salariĂ© protĂ©gĂ© de contester la dĂ©cision devant l'inspecteur du travail lui-mĂȘme (recours gracieux) ou devant le ministre du travail (recours hiĂ©rarchique).

Le recours administratif doit ĂȘtre formĂ© dans les 2 mois Ă  compter de la notification de la dĂ©cision de l'inspecteur du travail.

Le recours est considéré comme rejeté (décision implicite de rejet) dans les situations suivantes :

  • En l'absence de rĂ©ponse de l'inspecteur du travail dans les 2 mois suivant sa saisie
  • En l'absence de rĂ©ponse du ministĂšre du travail dans les 4 mois suivant sa saisie

Recours contentieux

Le recours contentieux permet à l'employeur ou au salarié de contester la décision de l'inspecteur du travail devant Le tribunal administratif.

Il peut ĂȘtre entrepris malgrĂ© l'absence de recours administratif.

Il doit ĂȘtre formĂ© dans les 2 mois qui suivent l'un des Ă©vĂ©nements suivants:

Au delĂ  des rĂšgles communes, la procĂ©dure prĂ©sente des particularitĂ©s en fonction de l’effectif de l'entreprise et du motif de licenciement invoquĂ© par l'employeur.

Pour en savoir plus

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